CNJ StMarc Vecto.png

Le chou-navet jaune de St Marc

En un mot...

Egalement appelé navet à feuille de choux ou rutabaga jaune à collet vert, ce chou-navet est une variété rustique originaire de Sologne à la racine ronde et lisse et à la peau jaune clair. Il est principalement cultivé autour d'Orléans et vendu en direct sur les marchés au détail ou chez des grossistes.

Carte d'identité

Brassica napus

Inscrit au catalogue officiel non

Semences disponibles

En essai chez des maraîchers

Les origines

Les origines du chou-navet sont assez obscures, cependant il semble bien être le résultat d'un croisement entre choux et navets. D'après Smartt et Simmonds, certains croient qu'il ait pu naître dans des jardins médiévaux de l'Europe du nord où ces deux légumes se trouvaient en proximité. Ils rapportent que c'est un botaniste suisse, Caspar Bauhin qui, le premier, témoigna de son existence en 1620. Développé surtout en Suède sous le nom de rotabagge (litéralement racine sac), c'est depuis ce pays que le rutabaga pénètre en Angleterre dans le dernier quart du XVIIIe siècle. De là il fut introduit à la fin du siècle en France par Charles-Philibert Lasteyrie de Saillant et Philippe-Victoire Levêque de Vilmorin.

Dans une note publiée dans l'édition du Théâtre de l'agriculture d'Olivier de Serres en 1805, Vilmorin explique l'intérêt de ce nouveau légume : "Aucune de nos espèces [de navets] ne supporte les gelées de nos hivers un peu rigoureux ; le seul navet de Suède ou rutabaga, introduit en France depuis quelques années, a la propriété de résister aux plus grands froids." Puis il met en garde le lecteur en affirmant : "On a imprimé à tort, dans quelques ouvrages modernes, que cette plante étoit la même chose que le chou de Laponie ou chou-navet ; La Société d'Agriculture de Paris, dans un rapport authentique, a démontré la fausseté de cette assertion."

Si on distingua donc longtemps les choux-navets (à chair blanche) des rutabagas (à chair jaune) on sait aujourd'hui, par des analyses cytotaxonomiques, que c'est Vilmorin qui se trompe — ce qui suggère des origines et des introductions multiples et parallèles de ce légume. En tout cas, d'autres s'enthousiasment pour le nouveau venu ; en témoigne cette appréciation publiée en 1809 dans le Compte rendu des travaux de la Société d'Agriculture : "Le Rutabaga (...) fournit une excellente nourriture aux hommes et aux animaux, quand les pommes de terre commencent à manquer, et que les fourrages deviennent rares." De plus, "le Rutabaga a un goût sucré et savoureux qui surpasse celui des meilleurs raves."  Plusieurs sources attestent de sa culture dans le Loiret dans la seconde moitié du XIXe siècle et, en 1918, dans les Annales des épiphyties, on lamente que "les récoltes de Choux, Rutabagas, Navets Raves ont été en grande partie détruites" par la maladie dans le Loiret et le Loir-et-Cher.

Une étude par René Musset dans les Annales de Géographie publiée en 1941 révèle qu'en 1938, la culture du rutabaga occupe près de 10% des terres labourables dans le Loiret — loin derrière les 30 à 40% observés en Bretagne et en Vendée, certes, mais bien supérieur au reste de la région en général et dix fois plus que dans l'Eure-et-Loir et l'Indre. Enfin en 1952, Robert Laumonnier qualifie le "chou-navet-rutabaga jaune de Saint-Marc" de "très bonne variété potagère, ronde à collet vert." Le passage à l'appellation "navet de Saint-Marc" n'est-il qu'un simple raccourci linguistique, ou reflète-t-il un désaveu de celui de "rutabaga" qui renvoie à la grosse racine qui constituait une part prépondérante de l'alimentation pendant les rudes années de la seconde guerre mondiale ? Quoi qu'il en soit et quelle que soit son appellation, ce petit "navet" de couleur dorée fait partie de la patrimoine culinaire de l'Orléanais depuis plus d'un siècle déjà.  

Description

2020-Millançay CP URGC (4).jpg

De couleur jaune, rond à collet vert, il est vendu lorsque la racine, sphérique oblongue, atteint une taille moyenne de 5 cm de diamètre. Ses racines sont poilues, ses tiges vertes et ses feuilles vert foncé. Le pied atteint en moyenne 20 cm de haut. Sa taille dépend cependant de son mode de culture. Il est plus difficile à éplucher que le navet blanc ou violet et a un goût plus prononcé. Il pousse en partie hors de terre, ce qui fait verdir son collet.

Au potager

Le navet s’accommode de toutes les terres. Il est cependant préférable de le cultiver dans des terres sableuses en raison de son arrachage tardif. Il est alors plus facile à récolter.

Les graines sont semées en pleine terre au début de l'été. 

Répartissez régulièrement les graines sur des lignes de 2 cm de profondeur que vous recouvrez d’1 cm de terreau émietté. Refermez le sillon, tassez légèrement et arrosez abondamment.

Vous pouvez éclaircir lorsque les plans ont 2 vraies feuilles (enlevez les plus chétifs et conservez un navet tous les 25/30 cm). Pensez à pailler pour garder la terre humide et espacer les désherbages.

La récolte peut débuter dès la mi-septembre et jusqu’au mois de février, voire mars-avril. Même s’il craint le gel, le navet de Saint Marc supporte –7 ou –8 ° C. Au-dessous, il faut le couvrir avec un voile de protection. Il est cependant plus rustique que le navet blanc. L’arrachage se fait généralement à la main, compte tenu des surfaces assez réduites généralement cultivées. Puis ils peuvent être mises en jauge comme les betteraves. Il est cependant préférable de les arracher au fur et à mesure des besoins pour les conserver plus frais et de meilleure qualité, d'autant qu'ils ont une bonne résistance au grand froid (vous pouvez les pailler ou les recouvrir de feuilles pour empêcher le sol de durcir sous l'effet de la gelée).

Il est traditionnellement cuisiné avec du canard (en raison de son goût prononcé), mais peut aussi être consommé dans un potage, dans un pot-au-feu, cuit à la vapeur, braisé ou caramélisé avec du sucre comme les autres navets.

Vous avez des recettes de chou-navet d'Aubigny ? envoyez-les nous !

En cuisine